OpenAI. La Chine m'a "tuer" !
Dernière mise à jour : 25 sept.
OpenAI. La Chine m'a "tuer" !
« L’IA tend vers la création de monopoles car elle concerne potentiellement tous les domaines d'activité. L’entreprise qui va capturer le marché mondial de l'IA aura la puissance de Google au carré. » Aymeric Roucher
Ce dernier est passé sur le podcast Transmission et des extraits sont proposés sur Facebook. Ils avaient proposé une fois un extrait concernant le danger des essaims de drones face aux armées modernes et Aymeric Roucher prophétisait Armageddon. Bah non, M Aymeric Roucher expert putatif ne sait pas de quoi il parle, car il ignorait que toutes les armées du monde travaillent et possèdent déjà des armes et des canons EMP ainsi que des armes à énergie pulsée qui neutralisent les essaims de drones pour 3 fois rien.
Là encore, je pense que l’expert Aymeric Roucher a raté quelques épisodes sur l’IA dont il est censé être un spécialiste. Il me fait penser à pathétique Laurent Alexandre.
Mais revenons à notre sujet. Explications :
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Le mantra “l’IA va créer un monopole mondial” est séduisante intellectuellement, mais elle ne résiste pas à l’analyse structurelle et encore moins à ce que la Chine est en train de faire. La Chine ne traite pas l’IA comme un produit spéculatif, mais comme une infrastructure nationale, un « commodity »
L’IA ne tend pas naturellement vers un monopole global : elle tend vers des systèmes nationaux d’infrastructure, parce que les États ont compris que la souveraineté numérique dépend de la maîtrise du calcul, pas de la spéculation.
L’exemple chinois.
La Chine pousse les entreprises à traiter l’IA comme une ressource (commodity). Ce n’est pas une impression : c’est une politique publique explicite. La Chine a classé l’IA dans la catégorie des “New Productive Forces” et des “New Infrastructure”. Ce qui implique de considérer l’IA comme un service de base, comme l’électricité, l’eau ou le réseau télécoms. Pour le gouvernement chinois l’IA n’est ni un produit, ni un marché spéculatif.
Les sources montrent que la Chine investit 295 milliards de dollars pour créer un réseau national de data centers IA interconnectés, opérés par China Mobile et China Telecom. C’est littéralement une infrastructure publique, comme l’électricité, l’eau, les autoroutes et les réseaux télécoms. Le rapport MERICS décrit la Chine comme le premier pays à tenter de construire une pile IA entièrement souveraine. La Chine a activé une dorsale optique de 2 000 km permettant de faire fonctionner des centres de calcul distants comme un seul cluster. Efficacité revendiquée : 98 % d’un data center centralisé.
La China Computing Power Conference insiste sur un point : le problème n’est plus la capacité installée, mais la capacité utile. On parle de gestion de charge, d’énergie, de fiabilité. Exactement comme pour un réseau électrique.
Les entreprises chinoises doivent intégrer l’IA comme on intègre l’électricité. Le gouvernement pousse les usines, les services publics, les banques et les hôpitaux à consommer de l’IA comme une ressource standardisée. Ce n’est pas “faites de l’IA pour devenir riches”, mais : utilisez l’IA pour augmenter votre productivité.
En conséquence, il n’existe pas de géants IA à capitalisation délirante. Pas d’équivalent d’OpenAI,
pas de startup IA valorisée 150 milliards et pas de hype spéculative. Les fournisseurs IA chinois (Alibaba Cloud, Baidu, Tencent Cloud) sont traités comme des « utilities », exactement comme EDF ou Orange. Ils vendent du calcul, pas des promesses.

En Californie, l’IA est un produit spéculatif
Le narratif américain repose sur des mantras prévisible. “L’IA va générer des profits infinis”, “l’IA va créer des monopoles mondiaux”. C’est un narratif financier et non technologique. Il sert à surtout à lever des fonds et gonfler les valorisations. Et in fine il ne fait qu’alimenter une bulle spéculative.
Quand en Chine, l’IA est considéré comme une simple ressource stratégique. Le narratif chinois repose sur d’autres mantra : “l’IA augmente la productivité nationale”, “l’IA est une infrastructure comme l’électricité”, et surtout « l’IA doit être souveraine”. C’est un narratif industriel et non spéculatif.
Si l’IA devient un "commodity", les géants californiens risquent ils de s’écrouler ?
Quand une technologie devient un « commodity », les marges s’effondrent. C’est un phénomène historique usuel et courant. Si on prend l’exemple de l’électricité, les marges ont été divisées par 10 quand les « utilities » ont été régulées. Pour l’Internet les marges ont été divisées par 20, même chose pour le cloud. Quand une technologie devient indispensable, elle cesse d’être un produit premium. L’IA suivra la même trajectoire.
Les géants californiens vivent aujourd’hui sur une bulle. Leur valorisation repose sur des promesses et des narratifs, complétés d’effet d’annonce. Mais les revenus réels de l’IA sont faibles, concentrés et non récurrents. Si l’IA devient une infrastructure, alors les marges s’effondreront et les valorisations de suivre. Les modèles économiques doivent être réinventés
Le modèle chinois est une menace existentielle pour le modèle californien, parce qu’il casse le narratif du monopole et celui des profits infinis. Si l’IA devient une ressource abondante, OpenAI, Anthropic, Google DeepMind perdront leur avantage stratégique.
Pourquoi l’argument d’un“monopole mondial” de l’IA est faible
L’IA n’est pas un produit, c’est une pile technologique. Une IA moderne repose sur des puces,
des data centers, des réseaux optiques, des modèles, des frameworks et des applications. Aucun acteur ne maîtrise toute la pile. Même OpenAI dépend de Microsoft pour l’infrastructure, de NVIDIA pour les GPU, et d’Internet pour les données. Un monopole mondial supposerait une intégration verticale totale, ce qui est impossible dans un système géopolitique fragmenté.
La géopolitique empêche tout monopole. Les États-Unis, la Chine, l’Europe, l’Inde, les Émirats, chacun construit son propre écosystème. La Chine, en particulier, a verrouillé son marché : 80 % des technologies IA doivent être domestiques. Cela exclut de fait NVIDIA, AMD, Intel du plus grand marché du monde. Un monopole mondial est incompatible avec ce niveau de souveraineté.
L’avenir de l’IA sera public, régulé, souverain. La Chine le fait. L’Europe commence à le faire (Gaia-X, plans souverains). Les États-Unis le feront par le biais du cloud fédéral. Une infrastructure ne génère pas de monopole : elle génère des écosystèmes nationaux. L’IA suit la trajectoire historique des technologies fondamentales.
Toutes les technologies qui deviennent indispensables finissent en infrastructure.
Aymeric Roucher a-t-il rejoint les Trissontins de l'IA Laurent Alexandre et Fabrice Epelboin ?
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