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Qui se cache derrière 6A et Poubelle ?

  • 19 mars
  • 13 min de lecture

Dernière mise à jour : 21 mars



Enquête

David Azzato pilote depuis vingt ans, en toute impunité, un véritable empire international de la prostitution en ligne, dont le site français Sexemodel.com. Notamment grâce à la tolérance d’un géant français du paiement sur Internet, Worldline.


Le 3 juin, la police a démantelé un réseau de traite d’êtres humains. Sept personnes ont été mises en examen pour proxénétisme en bande organisée pour avoir exploité, dans plusieurs villes de France, des prostituées chinoises, selon Le Parisien. Depuis leur domicile de Pantin (Seine-Saint-Denis), les patrons du réseau faisaient la promotion des femmes en postant des annonces sur l’un des plus gros sites français de prostitution : Sexemodel.com


Nous dévoilons aujourd’hui que derrière ce site extrêmement rentable se cache un homme condamné en 2011 en France pour proxénétisme : David Azzato. Ce citoyen suisse de 47 ans, qui vit aujourd’hui à Dubaï, pilote depuis vingt ans, en toute impunité, un véritable empire international de la prostitution en ligne, par l’intermédiaire de sites sur lesquels opèrent des indépendant·es, mais aussi des proxénètes, dont certains exploitent même des mineures.


Alors que ses activités sont illégales dans certains pays, dont la France, David Azzato a pu accumuler une immense fortune grâce à la tolérance, voire la complicité, de plusieurs sociétés de paiements, dont le géant français Worldline. Ce fleuron tricolore du secteur a géré, rien qu’en 2023, 31 millions d’euros de transactions par carte bancaire pour le compte des sites de prostitution d’Azzato, dont près de 20 millions pour Sexemodel.com.


C’est ce que révèle notre nouvelle enquête de la série « Dirty Payments », menée par Mediapart et vingt médias internationaux coordonnés par le réseau European Investigative Collaborations (EIC), basée sur des documents et des données confidentielles obtenus par l’EIC et notre partenaire Der Spiegel.


L’empire offshore de la prostitution


David Azzato est un homme de l’ombre, qui gère ses affaires par l’intermédiaire de prête- noms et de sociétés-écrans, immatriculées pour la plupart en Suisse et à Chypre. Nous avons pu le relier à seize sociétés et à plus de 180 sites internet, dont une quinzaine sont encore actifs aujourd’hui.

Le cœur de son business repose sur des sites d’annonces de prostitution, actifs notamment en France, en Italie, en Suisse, en Australie et aux États-Unis, ainsi qu’une agence de création de sites web pour les travailleuses du sexe et les « agences d’escorts ».


Mais l’homme d’affaires suisse est ou a été actif sur tous les segments de ce marché : porno, sites de « sugar dating » (qui encouragent les relations tarifées entre jeunes femmes et vieux hommes riches) et de « mariées russes » (rencontres entre hommes occidentaux et femmes slaves), et même une agence de marketing, Refchamp.com, chargée de recruter des « affiliés », des rabatteurs numériques chargés d’attirer du trafic vers ses sites.


Le site français Sexemodel.com est géré par la société suisse ZA Media Services, immatriculée à Winterthur, une ville proche de Zurich dont David Azzato est originaire. Officiellement, le premier propriétaire était un citoyen macédonien prénommé Ajet. Lorsque nous sommes allés lui parler, il a indiqué n’avoir géré ZA Media que « très peu de temps ». Interrogé sur l’implication de David Azzato, Ajet a répondu : « Il a pris le contrôle de la société. »


Sauf qu’officiellement, ZA Media Services a été rachetée en 2022 par un Portugais nommé Mário Cardoso, qui habite un modeste appartement dans la banlieue de Winterthur. Quand nous avons sonné à l’interphone, peu après avoir parlé à Ajet, il avait manifestement été prévenu. Avant même qu’on puisse l’interroger, il déclare avoir « vendu la société il y a une semaine ». Mário Cardoso a refusé d’en dire plus, nous renvoyant vers son comptable. Comment s’appelle-t-il ? « Il vous contactera. » Le comptable n’a jamais appelé.


On retrouve un schéma similaire pour les autres sites d’Azzato. Lorsqu’une de ses plateformes est dans le viseur de la justice, elle est rapidement transférée vers une autre adresse web, gérée par une nouvelle société et de nouveaux prête-noms.


C’est le cas pour Eros.com, l’un des plus gros sites d’annonces de prostitution aux États- Unis. Azzato l’a racheté en 2016 par le biais d’une société chypriote dont il a déclaré au registre du commerce être l’un des fondateurs. Mais en novembre 2017, la police perquisitionne la société américaine qui assurait la gestion du site et saisit le fichier des utilisateurs.


L’année suivante, Eros.com est racheté par une société suisse détenue par l’ancien directeur général de la société de marketing de David Azzato. En 2024, le site a été racheté par une autre société helvète, dont le propriétaire officiel est un citoyen portugais – il a refusé de nous répondre. On ne peut donc pas savoir si David Azzato contrôle toujours Eros.com aujourd’hui.


On retrouve le même schéma avec la société chypriote Miracomm Holdings, le premier opérateur de Rubmaps.ch, un guide des salons de massage états-uniens hébergeant des personnes prostituées. Officiellement, elle appartient à un citoyen chypriote de 74 ans. Mais un document confidentiel prouve qu’il agissait comme prête-nom du véritable propriétaire : David Azzato.


Comme l’a révélé le Wall Street Journal, les autorités américaines ont ouvert en 2019 une enquête pour complicité de proxénétisme et de traite d’êtres humains visant notamment Eros.com et Rubmaps.ch, ainsi que leurs liens avec David Azzato. À l’époque, son porte- parole avait indiqué qu’il n’avait plus aucun lien avec les deux sites. Interrogés sur les suites données à la procédure qu’ils avaient lancée, les ministères de la justice et de la sécurité intérieure n’ont pas répondu.


Condamné pour proxénétisme en France


Selon le Wall Street Journal, Azzato a déclaré à France-Soir en 2009 qu’il a fait des études d’économie et qu’il est devenu gérant d’un bar à hôtesses en 2000, à l’âge de 23 ans. La première trace de ses activités dans la prostitution remonte à 2005, lorsqu’il a créé à Genève une agence qui fournissait des « escorts hongroises », selon l’un de ses anciens collaborateurs. Coïncidence : Azzato a été mis en cause à la même époque « à plusieurs reprises pour sa participation à des groupements criminels de proxénétisme, notamment en Hongrie, sans être toutefois condamné pour ces faits », selon un document judiciaire obtenu par Mediapart.


Toujours en 2005, il crée le site d’annonces de prostitution Escort-annonce.com, actif dans six pays, dont la France, et fermé en 2009 par la justice française. David Azzato a été condamné en 2011 à trois ans de prison pour proxénétisme aggravé, en tant que propriétaire et gestionnaire du site, par le tribunal de Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme). Les autorités helvètes ont refusé d’exécuter le mandat d’arrêt international à son égard, car les sites d’annonces de prostitution sont légaux en Suisse. Le mandat d’arrêt est devenu caduc en 2012 lorsque la peine a été assortie du sursis en appel.


Le jugement de première instance est un parfait résumé de la méthode Azzato. Escort- annonce.com était géré par une société slovaque. L’argent atterrissait, après des circuits complexes, dans les caisses de son agence d’escorts suisse et d’une société-écran au Liechtenstein.


Après une période de gratuité destinée à attirer les travailleuses du sexe sur le site, Azzato a commencé à leur facturer des abonnements dont « les tarifs n’ont cessé d’augmenter », à tel point que « pour plusieurs d’entre elles, les sommes à payer les ont contraintes à davantage se prostituer », selon le jugement. En cas de défaut de paiement, le représentant d’Azzato en France exerçait de « fortes pressions », y compris en envoyant chez les personnes prostituées des « individus pour récupérer l’argent ».


La justice italienne s’est intéressée à David Azzato à la même époque, dans le cadre d’une vaste enquête baptisée « Bella Vita », au sujet d’un réseau de proxénétisme exploitant de jeunes filles originaires d’Europe de l’Est, parfois mineures, en postant des annonces sur la plateforme Escortforum.net, cette dernière étant contrôlée par l’homme d’affaires suisse. Selon une source proche de l’enquête, David Azzato n’a finalement pas été poursuivi, car il était seulement le gestionnaire du site.


Les sales méthodes de Sexemodel


David Azzato ne craint guère les foudres de la justice. En 2011, l’année de sa condamnation dans l’affaire Escort-annonce.com, il lance un nouveau site visant le marché français, Sexemodel.com, toujours actif aujourd’hui.


Les méthodes sont toujours les mêmes. Les prostitué·es sont noté·es et évalué·es par les clients. En plus de l’abonnement de base à 95 euros mensuels, le site les pousse à acheter des packs « premium » facturés 260 à 385 euros par mois, afin que leurs annonces soient plus visibles et floquées d’une mention « VIP » ou « la copine du mois ». L’achat d’un de ces packs est obligatoire pour avoir accès à la « liste noire » des clients dangereux, pourtant alimentée par les personnes prostituées.


« On est clairement sur de l’extorsion de fonds à une population précaire, dénonce Violette, inscrite sur Sexemodel et administratrice du Syndicat du travail sexuel (Strass). Je n’ai que du mépris pour les gérants des sites d’escorts, ils n’ont rien à faire du bien-être des travailleurs et travailleuses du sexe. Mais on est dans un rapport de domination absolue : s’ils n’existaient pas, on ne pourrait pas travailler. »


Autre problème : le site semble mal modéré, et de ce fait utilisé par les réseaux de traite, y compris d’enfants. Depuis 2021, l’association Agir contre la prostitution des enfants (ACPE) s’est portée partie civile dans cinq enquêtes judiciaires impliquant des proxénètes qui exploitaient sexuellement des mineurs en postant des annonces sur Sexemodel.


L’une de ces affaires s’est soldée par la condamnation, en 2024, de trois proxénètes et de cinq clients. La victime n’avait que 12 ans et recevait les hommes habillée d’un pyjama Minnie Mouse. Dans ce cas, la photo sur Sexemodel était celle d’une autre femme, plus âgée. « Mais dans d’autres affaires, le fait que les jeunes femmes étaient mineures se voyait sur les annonces, en regardant la photo et en lisant les avis des clients », souligne Sarah Pantalone, juriste à ACPE.


Sexemodel est aussi pollué par de faux profils derrière lesquels se cachent des « brouteurs », des criminels dont l’activité consiste à voler l’argent des clients lorsqu’ils arrivent au rendez-vous. David Azzato ne semble pas faire grand-chose pour lutter contre le phénomène. Interrogé par l’EIC, David Azzato n’a pas répondu. « Mon réseau de sites internet fournit des adresses d’escort girls, ça n’a rien d’illégal. […] De tels sites leur permettent d’être indépendantes, de ne pas racoler dans la rue et de ne pas dépendre d’un maquereau », s’était-il défendu dans une interview accordée sous pseudonyme en 2009 à la Tribune de Genève.


La complicité d’un géant français des paiements


Ni la condamnation de David Azzato en France ni la procédure aux États-Unis n’ont dissuadé le géant français des paiements Worldline de travailler avec ses sociétés, et ce depuis au moins 2020. Les règles internes du groupe interdisent pourtant toute relation d’affaires avec des sites liés à la prostitution.


Selon des données internes de 2023, Worldline a géré, au cours des douze derniers mois, 31 millions d’euros de paiements par carte bancaire pour neuf sociétés liées à David Azzato, dont près de 20 millions pour Sexemodel.com et 7 millions d’euros pour la société suisse qui contrôlait à l’époque le site de prostitution américain Eros.com.


En février 2023, la société de cartes bancaires Visa a ouvert une enquête contre Worldline pour défaut de surveillance d’une société chypriote qui exploite l’un des sites de prostitution de David Azzato. Le site ne vérifiait pas l’âge des escorts. Cela avait complètement échappé à Worldline, qui décide dans la foulée de virer la société, en raison de sa réticence à « régler les problèmes identifiés ».


Mais Worldline a attendu mars 2024 pour cesser sa relation avec cinq autres sociétés d’Azzato, dont celle qui exploite Sexemodel.com, dans le cadre d’une grave crise interne qui a contraint le groupe à se séparer de plus de 1 300 clients parmi les plus sales.


Or, selon nos informations, trois des sociétés d’Azzato ont été épargnées par ce grand nettoyage. Selon des données internes confidentielles, l'une d'entre elles, qui opère un site d'annonces de prostitution en Australie, est toujours cliente de Worldline en 2025, avec plus de 350 000 euros de paiements reçus au cours des douze derniers mois.


Il peut paraître très étonnant qu’un groupe coté à la Bourse de Paris ait pris le risque de s’engager dans ce business. En droit français, le délit de proxénétisme, passible de sept ans de prison, est défini de façon très large, puisqu’il consiste à « assister » la prostitution d’autrui ou à en « tirer profit », « de quelque manière que ce soit ».


Sollicitée à ce sujet, Worldline a refusé de répondre, au motif qu’une « société cotée […]ne peut pas commenter la situation de ses clients, passés ou actuels ».


Après le retrait de Worldline, David Azzato n’a eu aucun mal à trouver d’autres sociétés prêtes à gérer les transactions sur ses sites, dont la britannique Emerchantpay, mise en cause par notre enquête « Dirty Payments ».


Les géants des cartes bancaires Visa et Mastercard n’y trouvent rien à redire non plus. Contacté à ce sujet, Visa se contente de répondre qu’il « interdit les activités illégales sur son réseau ». Mastercard fait valoir qu’Eros.com indique dans ses conditions d'utilisation « autoriser uniquement les publicités pour les activités légales ».


Champagne à gogo en Roumanie


L’homme d’affaires suisse avait une carte maîtresse dans sa manche : il est parvenu, pendant six ans, à prendre le contrôle d’une société de paiements en Roumanie, Capital Financial Services (CFS), qui opère une plateforme nommée Twispay (aujourd’hui Xmoney).


En 2016, CFS a été rachetée par son frère Lukas Azzato et plusieurs individus associés dans leurs affaires. Officiellement, David Azzato n’a joué aucun rôle. Mais il apparaît comme le cerveau de l’opération : il a personnellement acheté l’adresse internet Twispay.com, et il se présentait sur son profil LinkedIn, supprimé en 2019, comme le « PDG et fondateur de Twispay ».


CFS a agi comme agent commercial entre plusieurs sites de prostitution de David Azzato et Worldline, afin de convaincre le groupe français de les accepter comme clients. Les proches d’Azzato ont ensuite revendu CFS en 2022 à une société roumaine spécialisée dans les cryptomonnaies. CFS indique avoir cessé toute relation avec Worldline « en raison de risques de réputation et de gestion ». Mais la société de paiements roumaine n’a pas souhaité s’expliquer au sujet du fait qu’elle a continué d’agir comme agent pour le compte de quatre sociétés d’Azzato au moins jusqu’en 2023.


David Azzato a quitté la Suisse en 2014 pour s’installer en Roumanie, où son frère Lukas faisait déjà des affaires depuis 2010, notamment dans l’immobilier et le numérique. À Bucarest, le roi de la prostitution se montre très discret sur l’origine de sa fortune, et se fait appeler « Davide Salerno ».


Son style de vie débridé, avec débauche de bling-bling, fait les délices de la presse people roumaine, qui le surnomme étrangement « le millionnaire italien ». Il roule en Bentley et s’affiche avec sa compagne, dans une piscine ou au pied d’un jet privé. Le site d’info people Cancan.ro rapporte qu’il aurait dépensé 100 000 euros en cash en une seule soirée.


Début 2017, lors d’une soirée en boîte de nuit, David Azzato s’offre une bouteille de champagne de 9 litres à 45 000 euros, la plus chère jamais achetée en Roumanie. Lors d’une autre fête, organisée au bord de la piscine d’un club privé, de jeunes femmes en maillot de bain lui apportent une bouteille de champagne géante en brandissant un drapeau suisse et en chantant l’hymne national helvète, le Cantique suisse.


En 2018, il crée, par l’intermédiaire d’une société immatriculée à Dubaï et avec des associés locaux, le Nuba Beach Club à Mamaia, le « Saint-Tropez » roumain au bord de la mer Noire. Cette boîte de nuit de luxe est désormais l’une des plus célèbres du pays, fréquentée par les politiques, les hommes d’affaires, les footballeurs et les mannequins.


En décembre 2018, changement de décor : David Azzato troque le costume de party boy pour celui de diplomate. Il est nommé consul honoraire de Serbie à Pitești, à l’occasion de l’ouverture d’un consulat dans cette ville du sud de la Roumanie.


Des politiques de haut niveau sont présents à la cérémonie d’intronisation, dont le vice- président du Sénat roumain et le vice-premier ministre et ministre des affaires étrangères serbe, Ivica Dačić. Ce dernier déclare être « convaincu que l’expérience de M. Azzato dans les affaires et sa réputation immaculée vont impulser une intensification de la coopération entre la Serbie et la Roumanie ».


Mais en janvier 2020, le consul honoraire Azzato est arrêté par la police à Bucarest : alors qu’il conduisait de nuit sous l’emprise de l’alcool, il a refusé de s’arrêter lors d’un contrôle routier, et a percuté une voiture de police, blessant une agente. L’affaire a été classée sans suite pour des raisons mystérieuses. Interrogé, le bureau du procureur nous a assuré qu’il ne s’agissait pas d’un délit puni par la loi. Quelques mois plus tard, le consulat serbe de Pitești a subitement fermé ses portes, sans explications.


Plus sérieux encore, selon nos informations, la section spéciale de lutte contre le crime organisé du parquet de Bucarest nous a indiqué avoir ouvert une enquête pour proxénétisme visant David Azzato, portant sur des soupçons « de traite des êtres humains en Roumanie et ailleurs en Europe via des sites internet ». L’affaire a été classée en mars 2020, « car les auteurs avaient fait l’objet d’une enquête des autorités judiciaires françaises ». Nous n’avons pas pu en savoir plus sur cette procédure française.


À une date indéterminée, David et Lukas Azzato ont en tout cas quitté la Roumanie pour Dubaï, l’un des Émirats arabes unis, un paradis fiscal réputé pour son opacité et son manque d’entrain à coopérer avec les justices étrangères. Le roi de la prostitution avait fondé sur place, dès 2015, une société baptisée Deinde Consulting, dont il est le PDG.


Sur son ancien profil LinkedIn, David Azzato indiquait que Deinde a investi dans plus de deux cents biens immobiliers en Roumanie et à Dubaï, et qu’il possédait, à titre personnel, un « large portefeuille d’actifs immobiliers » en Suisse, son pays natal.


Selon des données obtenues par le think tank américain C4ADS, David Azzato est également propriétaire d’au moins huit biens immobiliers à Dubaï, d’une valeur supérieure à 4 millions de de dollars. Sous le soleil de l’émirat, la belle vie continue pour David le millionnaire.


Boîte noire


L’enquête « Dirty Payments », menée par 21 médias internationaux coordonnés par le réseau European Investigative Collaborations (EIC) et basée sur des documents et des données confidentielles obtenus par l’EIC et Der Spiegel, révèle un vaste scandale financier à l'échelle de l'Europe, qui expose de façon inédite les failles structurelles et l’omerta qui règne dans le secteur des paiements.


Pendant dix ans, le groupe français Worldline, numéro deux européen des paiements, a opéré, en toute impunité, des milliards d’euros de transactions frauduleuses ou contraires à l’éthique, pour le compte des pires acteurs du e-commerce : arnaqueurs en ligne, casinos illégaux, groupes pornos controversés, sites de prostitution.


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Outre Mediapart, les médias qui ont participé à l’opération « Dirty Payments » sont NRC (Pays-Bas), Le Soir et De Standaard (Belgique), Der Spiegel (Allemagne), Reporters United (Grèce), VG (Norvège), Politiken (Danemark), Expresso (Portugal), InfoLibre (Espagne), tous membres de l’EIC, ainsi que TBIJ et ITV News (Royaume-Uni), SRF et Die Wochenzeitung (Suisse), Dagens Nyheter (Suède), Snoop.ro (Roumanie), TVN24 (Pologne), 24.hu (Hongrie), HlídacíPes.org (République tchèque), Drop Site News (États-Unis) et Toronto Star (Canada).


Coordination : Stefan Candea (EIC) et Yann Philippin (Mediapart)


Analyse des données : Yann Philippin (Mediapart), Konstantina Maltepioti (Reporters United), Christoph Winterbach (Der Spiegel) et Rik Wassens (NRC)

Conception graphique : Lynne Brouwer (NRC), Elsa Hundertmark (Der Spiegel) et Simon Toupet (Mediapart)


Cette enquête sur David Azzato a été menée par Mediapart, Die Wochenzeitung et Snoop.ro, avec la participation de Drop Site News, Expresso et Stefan Candea (EIC).

 
 
 

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