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Paix et Félicité, citoyen !

  • 9 avr.
  • 4 min de lecture

Dernière mise à jour : 10 avr.

Connaissez vous le film « Demolition Man » ?


Oh non, pas une merde d’Hollywood, par pitié… Mouais, arrêtons avec les préjugés et penchons nous un peu sur le monde décrit par ce film de 1993. Oublions le contexte du film SVP. Stallone, Hollywood, toussa, toussa, pour nous concentrer sur un aspect du film…


Ce film nous décrit avec une ironie féroce et mordante un monde vers lequel nous dérivons sans nous en rendre compte.



La surveillance et un contrôle sociétal permanent


Dans ce film, tous les dialogues entre les protagonistes sont écoutés, par ce qu’on imagine être des machines, une IA et ses algorithmes. Le moindre juron, la moindre parole déviante, y compris dans un contexte strictement privé est puni d’une amende.


Une société où la notion même de Vie privée n’existe plus, puisque tout est enregistré, analysé et validé par des machines.


Ça ne vous rappelle rien ?


Les rézosocios bien sûr. Et on peut y ajouter Internet dans sa globalité, ou chaque clic est enregistré dans des historiques. Vos interactions sur les rézosocios sont lues par des robots pour mieux vous cerner, vous algorythmer et vous cibler.


Le pire dans tout ça reste encore les emails. L’immense majorité des gens usent de Gmail en refusant de se rappeler que chaque email est lu par les robots de Google. Et pourtant il existe des solutions email en ligne payantes, à partir de 2€ par mois qui respectent votre intimité et Vie privée.


Mais non, les gens continuent de préférer Gmail.


La censure de l’orthodoxa (la bonne pensée) tisse les tréfonds des rézosocios et nombre de mots d’y être aussi proscrits.


On peut aussi se référer au scandale des écoutes de masse révélées par Snowden.



Le wokisme ou politiquement correct


Tous les mots grossiers et écarts de langage sont proscris. Des bornes d'écoute massive de la population sont disposées partout: dans les rues, les bâtiments publics mais également dans les appartements privés.

" Vous avez une amende d'un crédit pour infraction au code de moralité du langage"


La grossièreté étant considérée et appréhendée comme une violence. La mort se décline comme « Vie prématurément interrompue » ou « Sa lumière s'est éteinte »


Le sexe comme des « transferts de fluides »


Le monitorage des citoyens


Le "gouvernement" de San Angeles connaît les faits et gestes de tous par le biais d'une puce implantée sous la peau: elle donne la position, l'identité, l'état de santé du sujet et constitue le seul et unique moyen de paiement. Elle sert même de clé pour son appartement.


Indispensable, inévitable, obligatoire.


Votre smartphone est à même de faire la même chose. Il vous géolocalise et archive toutes vos données et conversations. Vous pouvez payer avec votre smartphone aussi et parfois même ouvrir la portière de votre voiture. Vous pouvez aussi y mettre votre passe Navigo.


Sans compter, les comptes Facebook et Gmail qui deviennent de plus en plus obligatoires pour nombre de services en ligne.



Eugénisme et hygiénisme


«Tout ce qui nous fait nous fait du mal est considéré comme mauvais et donc interdit. » Sont interdits dans le film : la cigarette, le sel, la viande, la caféine, l'alcool, les mots grossiers, les sports de contact, les jouets non éducatifs, la nourriture épicée, l'IVG, la grossesse non autorisée, les contacts physiques, les baisers…


Ça ne vous rappelle pas les injonctions qui vous échoient au quotidien ?


Mangez bougez, mangez cinq fruits et légumes par jour, ne mangez ni trop salé ni trop sucré, pratiquez une demi heure d'activité physique par jour, fumer tue, à consommer avec modération



Sécurité et totalitarisme


«J'ai les coudées franches pour créer une société parfaite, ma société, (...) qui aura la pureté d'une colonie de fourmis. » 


Cocteau, le recteur de cette société parfaite évoque ceux qu'il nomme les rebuts et qu'il fait passer pour des terroristes, alors qu'ils ne sont, en réalité, que des laissés pour compte affamés et contraints de voler de la nourriture pour tenter de survivre


Il propose sa vision d’insiders et outsiders, ces derniers, nuisibles, mettant en danger l’équilibre de la société.


C’est un procédé classique de prise de contrôle d’une société par un pouvoir totalitaire.


On invente ou gonfle un péril mineur en menace majeure, qu’il soit domestique ou extérieur afin de créer la peur et l’effroi de la population, qui docilement accepte dès lors de perdre en liberté, indépendance et autonomie afin de mieux se sentir en sécurité.


Ça ne vous rappelle pas la ligne éditoriale de certains médias ?


Et pourtant chaque être humain devrait être le seul maître de lui-même et posséder des droits fondamentaux et inaliénables, qui découlent de sa simple existence. Droits inhérents à la nature humaine.

Indépendamment des structures sociales dans lesquelles il est inséré. La satisfaction et l'expression libre de l'intérêt de chacun permet une société qui valorise les réussites. Et développe l'indépendance et l'esprit d'entreprise. Le bonheur individuel et sa quête de ne plus être un frein au groupe, mais d'en être constitutif.


Il n'y a pas d’antagonisme naturel entre l'individu et le groupe.


L’État devient dès lors un État de droit, garant des libertés privées et publiques. Il est redevable de ses actions et se doit d'être souple dans ses adaptations, afin de garantir les libertés et leur permanence.


Demolition Man avait déjà tout préempté.


Revisionnez le et intéressez vous à cette satire sociale d’un monde en devenir. Vous en sourirez, vous en rirez, mais imperceptiblement vous vous en inquiéterez... Une prochaine chronique à venir: celle du film Elyseum et de son monde dystopique vers lequel nous nous dirigeons.

 
 
 

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