LinkedIn, espace de conformité sociale.
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Dernière mise à jour : il y a 1 jour
Et j’en ai encore fait les frais. Je suis désormais censuré car coupable de blasphème. Je ne peux plus commenter les publications que LinkedIn m’invite à lire. Je n’ai qu’une seule option à disposition : « liker » en me confinant dans le mutisme.
Pourquoi ? Parce que j’ai relevé et partagé une incohérence dans un discours écologiste sur la consommation d’eau par les data centers faisant tourner l’IA. Et présenté comme un désastre écologique. Quand en réalité la consommation d’eau par les data centers ne gaspillent nullement la ressource, qui reste toujours soumise au cycle de l’eau. Plus de détails ici : https://www.deucewriter.com/post/un-mantra-%C3%A9cologiste-aberrant
Et depuis j’ai été « dénoncé » comme déviant. La police des algorithmes m’a rattrapé et présenté l’addition.
Soyons clair, je ne suis opposé en rien à l’écologie et j’ai, comme mes pairs, intégré la nécessité de la transition écologique. Je ne suis donc ni réfractaire, ni complotiste. Mais je note plusieurs dérives et je m’en inquiète. Une contre-vérité ne peut devenir une Vérité par simple conformité au dogme. Quand on énonce une sottise, ça reste une sottise.
Mais désormais, l’écologie est passé de la nécessité du dogme à l’incontournable d’une religion. Toute interrogation ou remise en perspective émarge désormais à la catégorie du blasphème. Pourquoi ? Parce que les « plateformes sociales » du type LinkedIn fournissent à la fois le matériau et le matériel pour l'accès à la sacralisation.
In fine, LinkedIn ne fait qu’appliquer le théorème de Tocqueville : la tyrannie de la majorité. Tout en s’exonérant du débat. On exclue donc la nécessité du débat démocratique, le respect de l’opposition et de son rôle et on ne se souvient plus où on a rangé la liberté d’expression. Parfait, on est raccord !
Sur LinkedIn, les récits dominants sont les plus acceptables et produisent une hiérarchie des opinions. Ce n’est pas une dictature politique, c’est une dictature sociale. Dans la dynamique de Tocqueville, cette forme de tyrannie est plus douce mais plus totale, car elle agit sur plusieurs leviers. La réputation, la reconnaissance, l’appartenance et la légitimité.
On peut aussi appréhender LinkedIn comme un « laboratoire Asch » à ciel ouvert.
Solomon Asch (https://fr.wikipedia.org/wiki/Solomon_Asch) a beaucoup travaillé sur le conformisme social pour démontrer que les individus se rangent toujours ou presque à l’opinion du groupe. Même quand elle est manifestement fausse. Car le sentiment d’appartenance au groupe devient prépondérant. Cette appartenance apporte de la validation sociale et permet d'affirmer sa propre identité.
Evidence : les algorithmes favorisent les contenus consensuels et les récits dominants. Car le consensus est rentable quand la pensée critique ne l’est pas. LinkedIn ou l’optimisation algorithmique du consensus.
On a donc une conjonction parfaite. Tocqueville : la majorité impose ses normes morales sous la forme d’une tyrannie douce. Asch : les individus se conforment au groupe (conformisme cognitif). LinkedIn : la plateforme optimise le consensus dans le but de maximiser ses profit.
La “domination morale numérique”
Le militantisme est aujourd’hui devenu une dynamique morale et les plateformes sociales n’ont fait qu’offrir la structure idoine. La thématique est fascinante ! On peut même distinguer une hiérarchie avec ses grades implicites :
novice
croyant
pratiquant
militant
gardien du dogme
inquisiteur moral
figure d’autorité
prêtre du mouvement
La domination morale est rentable. Elle génère du temps de lecture et les interactions sont bornées à de simples likes. Sans contradictions, sans polémiques. Lisses et linéaires. Les fondamentaux de l’économie de l’attention sont donc respectés céans et les annonceurs apprécient la platitude consensuelle des « échanges ».
On notera que le militantisme moral attire aussi des personnalités en quête de statut. On peut à l'occassion y déceler une expression de psychologie du pouvoir. Les sujets en recherche de validation sociale et les autres en quête de domination trouvent dans le militantisme moral un raccourci vers un statut tant désiré.
Et parfois un levier de domination et/ou le moyen d’obtenir du pouvoir sans expertise.
In fine la plateforme sociale devient un espace où la morale remplace la compétence. Il n'y a qu'un pas pour arriver à la conclusion que la morale est aussi un outil de pouvoir accessible. Et les revanchards ne se privent pas de l’outil pour se soulager.
On retrouve de franches similitudes avec la pensée de Nietzsche. Dans "La généalogie de la morale", Nietzsche explique que les valeurs morales ne sont pas des vérités universelles, mais des constructions historiques créées par certains groupes pour dominer d’autres groupes. Il distingue la morale des maîtres : affirmative, créatrice et fondée sur la puissance, de la morale des esclaves : réactive, culpabilisante, fondée sur le ressentiment.
Sur LinkedIn et les autres "plateformes sociales" la morale est utilisée comme levier pour imposer un récit dominant et disqualifier toute contestation. On retrouve céans l'application de la pensée de Nietzsche.
Nietzsche montre que la morale fonctionne comme un système de dressage (Züchtung) car elle impose des normes, produit de la docilité. Et fabrique des individus conformes. On peut dès lors se laisser à prenser que la « domination morale numérique » n'est qu'une transposition contemporaine de ce mécanisme. Chacun sur LinkedIn se devant d'être conforme, docile et obéissant aux normes.
Pour Nietzsche la morale peut aussi devenir un intsrument de revanche. Les revanchards ont tout loisir sur LinkedIn d'épouser la morale dominante pour culpabiliser les réfrataires ou ceux qui s'interrogent. En les disqualifiant pour imposer leur vision du monde.
Sur LinkedIn, la morale deviengt un outil de pouvoir accessible. Et les revanchards ont tou loisir d'user de l’outil pour se soulager.
Pour Nietzsche les mécanisme d'application de la morale sont clairs :
_ naturalisation (on présente une norme comme “évidente”),
_ universalisation (on impose une norme comme valable pour tous),
_ sanction sociale (on punit ceux qui ne s’y conforment pas).
On y est ! C'est que je viens d'epérimenter. La morale écologique devient un dogme, puis la contradiction devient un blasphème et la sanction devient algorithmique. Nietzsche aurait adoré analyser LinkedIn.
Concernant l’écologie on notera que le l’argumentaire est fourni par les scientifiques, qui pour la plupart sont des hommes, mais que le clergé est majoritairement féminin. Le phénomène est encore plus marquant sur LinkedIn qui agglomère des secteurs féminisés comme le RH, le RSE, la santé, le social, la littérature, la communication et l’éducation. Un homme dans cette situation n’éduque pas il reconditionne en usant du patriarcat, quand les femmes, elles, éduquent et alphabétisent.
Quelles sont les solutions pour tenter de porter une légitime contradiction sans se retrouver excommunié ? Elles passent par un ethos reconnu. Trois fois hélas, je n’ai pas de validation académique et donc mon propos est dévalorisé. C'est une caractéristique si française. Votre parole n'aura de légitimité et de pertinence que celle de de votre valeur sociale et de votre CSP.
En France, la légitimité intellectuelle fonctionne comme une structure religieuse :
les institutions jouent le rôle du clergé,
les diplômes jouent le rôle des sacrements,
les titres jouent le rôle des reliques,
les experts jouent le rôle des prêtres,
les discours autorisés jouent le rôle des dogmes.
Si vous n’êtes pas adoubé par l’institution, vous êtes définitivement un hérétique. En France, la légitimité passe par l’institution, pas par la pertinence.
Pierre Bourdieu nous avait éveillé à sociologie de la parole légitime. La parole n’est pas évaluée sur son contenu. Elle est évaluée sur la position sociale de celui qui la prononce. Les institutions produisent des “porteurs de parole légitime”. Ceux qui n’ont pas cette légitimité sont disqualifiés a priori.
Quand je porte un argumentaire contraire, je suis disqualifié avant même d’être entendu. On attaque mon statut pour éviter de prêter attention à mon propos.
Et je ne serais jamais « validé »car je ne suis pas dans le bon paradigme pour être validé. La validation sociale française récompense la conformité et l’institution. Le récit dominant. Elle ne tient pas compte de la lucidité ou de la pertinence.
Dès lors, la pensée s’appauvrit.
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Votre opinion sur LinkedIn ?
Jamais essayé, ça m'intéresse pas !
Je connais mais je n'ai pas de temps à perdre avec !
Essentiel pour mon biz. Peut pas faire sans !
Obligé d'y être, mais c'est juste gonflant au possible !




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