Les biais cognitifs : #1 - L'effet Dunning-Kruger
- 29 mai
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : il y a 4 jours
J’entame une série sur les biais cognitifs. Je démarre aujourd’hui par l’effet Dunning-Kruger
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Connaissez-vous l’effet Dunning-Kruger ?
Cet « effet » fait partie de ce que d’aucuns nomment les biais cognitifs. Un biais cognitif est une déviation dans l’appréhension et le traitement cognitif d'une information.
Qu’est‑ce qu’un biais cognitif ?
Le terme « biais » fait référence à une déviation de la pensée logique et rationnelle par rapport à la réalité. Les biais cognitifs conduisent le ou les sujets à accorder des importances différentes à des faits de même nature.
Ces biais cognitifs ne sont généralement pas conscients quand bien même le sujet reste convaincu de son impartialité et objectivité.
Un biais cognitif peut s’appliquer à l’entame d’une tâche cognitive par la sélection des informations prélude à la réflexion. Ou la conclusion de la tâche cognitive, en sélectionnant les réponses.
Ce sont souvent des facteurs émotionnels ou instinctifs qui viennent contrarier la rectitude froide du raisonnement pour l’orienter. On peut aussi y ajouter le poids des structures sociales et de l’appartenance au groupe qui peuvent nous conduire au biais cognitif.
Ces biais peuvent influencer les décisions quotidiennes sans que les individus en aient conscience. La publicité exploite souvent des biais cognitifs pour faire passer ses messages.

Définition du Dunning‑Kruger
L’effet Dunning-Kruger est un mécanisme cognitif par lequel les personnes les moins qualifiées d'un groupe tendent à surestimer leur compétence dans un domaine.
Certains le nomment aussi le biais de surconfiance.
En langage simple, moins on maîtrise son sujet, plus on est persuadé d’être compétent sur la thématique. Une autre forme d’expression du péremptoire. Le plus important est encore d’avoir l’air important.
L’effet Dunning-Kruger fait aussi entrer en compte des spécificités culturelles et psychologiques propres. Dans la culture japonaise, l’humilité est valorisée et le péremptoire appréhendé comme une faute. En France une attitude péremptoire et narcissique est valorisée. Il faut faire bonne impression.
Les facteurs à l'origine de l'effet Dunning-Kruger
Dunning et Kruger ont noté à l’étude de cas que l’ignorance engendre plus de confiance en soi que ne le fait la connaissance.
L’incompétent surestime son niveau réel de maîtrise. Il ne parvient pas, non plus, à reconnaître la compétence de ceux qui ont véritablement la connaissance et la maîtrise du sujet.
Dans ce cas précis l’incompétent est dans l’incapacité de reconnaître ses carences. Peut-être aveuglé par son propre ego, sa tendance narcissique ou les poids de la reconnaissance sociale et de l’appartenance au groupe.
L’expert véritable a souvent une approche plus humble et mesurée dans son discours. Il a besoin de démonstrations et confirmations avant d’affirmer. Peut-être se rappelle-t-il les mots de Socrate « je ne sais qu’une chose, c’est que je ne sais rien ».
Comment le repérer et s'en débarrasser ?
Le biais cognitif Dunning-Kruger est présent de nos jours dans toutes les sphères.
Sur le Net où certains influenceurs se propulsent experts sur une thématique après de simples lectures ou visionnages de vidéos et tutoriels. Les réseaux sociaux récompensent la certitude, pas la nuance.
Trois fois hélas, les algorithmes favorisent les discours péremptoires et la visibilité remplace la compétence. Internet n’a pas créé l’incompétence, il lui a juste permis de prospérer.
Ou même sur son lieu de travail… N’avez-vous jamais noté que les promotions vont plus souvent aux péremptoires, quand les plus compétents restent souvent des tâcherons obscurs et lucifuges.
Le faire-savoir a de nos jours remplacé le savoir-faire.
Le biais cognitifs Dunning-Kruger permet de bien souvent repérer les personnalités narcissiques et souvent les moins pourvues en sapience et cognition.
Dans notre beau pays, on a souvent tendance à s’imaginer que le faste et le péremptoire exprime une valeur humaine et sociale supérieure, avant qu’on ne s’aperçoive des carences et pénuries cognitives du fastueux.
Comment s’en protéger ou déterminer si l’on n'est pas soi-même victime de son propre effet Dunning-Kruger ?
Il faut entreprendre une démarche d’humilité en préambule et appliquer quelques recettes simples et pratiques :
- Se poser la question de savoir où l’on s’est trompé et où on peut se fourvoyer.
- Toujours rechercher un feed-back et penser contre soi-même. Faire relire par quelqu’un d’autre ou une IA et prendre la critique avec humilité et distanciation.
- Distinguer opinion et compétence. Conviction et Vérité, pour justement ne jamais avoir à faire de ses convictions des Vérités.

On peut aussi s’apprêter à entreprendre le "Mont Stupid"
- Montée rapide de confiance, souvent illusoire.
- Pour ensuite descendre la vallée de l’humilité.
- Avant d’atteindre le plateau de la maîtrise.
Nous assistons à l’avènement et à la prise de pouvoir des Dunning-Kruger. L’effet Dunning‑Kruger n’est plus une curiosité psychologique : c’est devenu un mode de gouvernement social.
Comprendre Dunning‑Kruger, c’est apprendre à distinguer le bruit de la connaissance.
La compétence augmente la lucidité, l’ignorance la confiance.
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