Le proxénétisme des cités.
- 11 avr.
- 5 min de lecture

Le phénomène n’est pas nouveau et il a toujours existé, mais il ne cesse de prendre de l’ampleur de nos jours.
Tentative d’explication.
Le phénomène de proxénétisme de cité prend de l’ampleur par sa médiatisation. Les journaleux ont leur part de responsabilité, essentiellement dû à cette nécessité de « l’angle ». On leur apprend en école de journalisme de toujours appréhender une thématique sous la lumière d’un angle. En général éditorial.
Et le problème est bien là ! L’angle éditorial est souvent politique ou moraliste.
C’est un peu comme un scientifique qui démarre une expérience en souhaitant absolument démontrer que son hypothèse est la bonne. Quand il faut, au contraire, partir avec un esprit vierge de tous préconçus.
Afin d’éviter de faire de ses convictions des Vérités.
Sur la thématique du proxénétisme de cité, les journaleux démarrent avec un angle éditorial moraliste invariablement conclu par une leçon de morale. C’est l’un des principaux reproches que j’adresse aux journaleux, parmi d’autres : ils confondent carte de presse et carte de prêches.
La frontière entre l’éditorialisme et le journaliste d’investigation est de plus en plus poreuse.
J’attends d’un journaliste qu’il me présente des faits qu’il a vérifiés et me propose des conclusions ouvertes, afin que je puisse me faire ma propre opinion, car je me moque de la sienne.

Les journalistes sont des commerçants comme les autres. Ou presque. J’en ferais un article de blog prochainement. Ils vendent du papier, un reportage audiovisuel ou radiophonique. Si le sujet intéresse, il vendra mieux et ils feront plus de bénéfices. Et c’est là que la nécessité de l’angle, de la carte de prêche et de la rentabilité se confondent : il faut générer du clic ou vendre du papier. Et rien de mieux qu’un peu de sensationnel pour faire frémir le français moyen borné dans le médiocre lancinant d’une Vie triste et lugubre.
Choqué ou courroucé, il va cliquer ou acheter !
La conjonction des Lois ont amené à une quasi disparition de la prostitution de rue et des trotteuses. Subsistent pour le folklore quelques amazones au Bois de Vincennes et des irréductibles dans le Bois de Boulogne ou le long des Nationales. La prostitution est devenue marginale et éthérée pour M Dupont. La prostitution sur Internet ne suscite chez lui que peu d’émoi.
De toute façon avec tout ce qu’on voit sur Internet, c’est marginal.
Mais si on lui introduit le putaclic des mineurs et des cités, son intérêt d’être ravivé ! Quoi des françaises ? Qui se prostituent ? Chez nous ? Il y a des mineurs dans le lot ? Vindiou !!
Alors je me répète et je n’aurais de cesse de le faire : JE CONDAMNE FERMEMENT ET SANS ÉGARDS LA PROSTITUTION DES MINEUR(E)S !
Que Fatoumata vienne subir une forme d’esclavage moderne en étant forcée à se prostituer sous la coupe d’une Mama, M Dupont nous lâchera un transitoire et subreptice : « Mon Dieu ! Horrible ! Sinon on mange quoi ce soir ? » Même chose pour Tatiana, de toute façon c’est culturel chez eux. C’est bien connu.
Mais si ce sont des françaises, l’émoi de prendre en ampleur et l’angoisse l’étreindre en pensant à ses filles, ses nièces et les petites de la voisine…

In fine le phénomène du proxénétisme des cités prend AUSSI de l’ampleur parce les projecteurs s’y sont braqués.
Mais pourquoi donc se développe-t-il ?
Le désarroi des jeunes filles dans ces territoires perdus reste la principale source de motivation. Pour trois raisons principalement : _ La distorsion de réalité qui les habite _ Les carences de perspectives d’évolution.
_ Le changement imperceptible des mentalités
La fréquentation des rézosocios modifie notre perception du Monde et ses dépendances. La plupart des gens se surclassent dans leur pulsions narcissiques à s’exposer sur les rézosocios et ce faisant ils distordent la réalité. Leurs spectateurs, mutiques pour la plupart, peinent à appréhender la réalité d’un récit et d’une narration très éloignée du réel. Leur imagination et fantasmagorie fonctionnent à plein et remisent la conscience et le raisonnement dans l’obscur. Ils rêvent et fantasment sur cette Vie de faste et de bonheur qu’on leur présente et qui les ignorent avec superbe.
Cette distorsion devient leur moteur, car, in fine, moi aussi je le vaux bien, non ?
Et quand les jeunes filles retournent à la réalité, c’est pour voir une mère hachée menue par un travail abrutissant, le stress des factures qui s’amoncellent et le rêche et l’abrasif d’une Vie morne et lugubre au 17ème étage d’une tour annexée par les cafards…
Quand aux pères voilà bien des lustres qu’ils ont démissionné de cette dystopie, pour se perdre en artifices.
D’un côté la Vie pétillante et luxuriante des influences et de l’autre un purgatoire sans fin, dont elles ne souhaitent que s’échapper.
Mais comment s’échapper d’une telle damnation ?
Le travail légal ne paie plus et les études longues et ardues ne conduisent qu’à des boulots sous-payés pour lesquels l’on doit faire ses preuves durant des années en espérant un surclassement.
L’ascenseur social est en panne et Otis ne répond plus.

Il faut désormais 6 générations pour péniblement se surclasser.
La valeur Travail est mitée. Une relique d’un passé à jamais révolu. Travailler dur ne permet plus des récoltes abondantes. Travailler dur c’est assumer le joug dans le mutisme avec l’espoir en sédation. Ça fonctionnait naguère, de nos jours la recette est éculée.
Travailler pour 12,02€ de l’heure, non merci.
Ne pas pouvoir scroller sur un smartphone coûtant 1000€ tout en sirotant un café à 5€, c’est être un outsider. Un rebus. Un raté !
Et cette salope de Zahia, qui a démarré avec son cul et qui maintenant est à la tête d’une fortune de 200 millions de roros ! La salope ! C’est elle qui a raison ! Vindiou.
Il est bien là le moteur du proxénétisme des cités : frustration, distorsion de réalité et carences cognitives.
On ne leur propose plus rien de concret et elles n’ont plus envie de se fatiguer, d’apprendre et de remettre encore et de nouveau l’ouvrage sur le métier. Qui est responsable ? Elles? Nous ? Torts partagés, très cher… Il faudrait un reboot pour les générations suivantes car celles-ci sont définitivement perdues.
Et on oublie ces salauds de proxos !
Exact. Le négoce de la drogue est en pleine restructuration et beaucoup se cherchent des débouchés.
Les plus malins sont passés à l’uberisation et savent anonymiser leurs trafic, communications et relationnels. Ils sont au fait des nouvelles technologies et ont compris depuis belle lurette l’intérêt des cryptomonnaies.
Les autres, la masse et le vulgus pecum peinent à se former aux nécessités du numérique. Ils ne savent même plus ce qu’est un ordinateur. Ils reproduisent des mécaniques de mercatique obsolètes.
C’est devenu tendu de vendre de la drogue ? Je vais vendre un autre produit…Car pour eux, une fille est un produit comme un autre. Leur notions d‘altérité sont à construire. L’empathie leur est étrangère, ils ne voient que des opportunités et l’appétit de jeunes filles avides d’une Vie de faste et de somptueux. Ils tirent profit de leurs aspirations, sans jamais tenter de les combler.

Il y a une compensation, un phénomène de vase communicant : plus les fonctionnaires sont efficaces dans la lutte contre le trafic de drogue, plus le proxénétisme de cités prend en ampleur.
Les solutions ?
Les politiques et policiers ne voient le monde qu’au travers du prisme de la contrainte et de la répression. Ils s’attaquent aux conséquences et ignorent les causes, en espérant que la peur du gendarme soit efficace.
Quand vous voyez comme un gros marteau puissant, tous les problèmes ressemblent à des clous.
A mon sens la solution est duale.
Conserver la répression et mettre en place une véritable légalisation et normalisation de la prostitution. Avec des règles claires et applicables simplement.
Interdire la prostitution des mineures bien sûr, pourchasser les réseaux d’exploitation et de traite des êtres humains et reconnaître la prostitution sous la forme du contrat. Un contrat entre une prostituée et des fournisseurs de services (location de locaux, site Internet, emailing, photographie, etc.) en prenant soin qu’il n’y ait subordination aucune.
Tant que la prostitution évoluera dans une zone grise et nébuleuse et que les inégalités de revenus continueront à s’accroître, vous aurez toujours des volontaires pour se prostituer et des maquereaux pour en profiter.
Qu’est ce qui a fait la fortune d’Al Capone ? La prohibition !




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