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La fin de la drague et du date…

  • 21 juil.
  • 6 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 4 jours

Vous vous souvenez de ce dialogue hilarant dans cet excellent film « La Vérité , si je mens 2 » ou le personnage de Gilbert Melki annonce « J'te dis, les ricains, y n*quent plus. Leur truc, c'est les "dates" ».


Et bien désormais, on arrive à la fin du « date »


En parcourant les rézocios, je tombe régulièrement sur des contenus convergents qui instillent l’idée de la fin du date et de la drague. Que les contributeurs soient masculins ou féminins, leurs (courtes) conclusions convergent.


Quelques sociologues et statisticiens se sont penchés sur la thématique et semblent unanimes : les données disponibles montrent une baisse de l’initiative masculine et une diminution de la drague hors‑ligne. Ils l’expliquent par une transformation profonde du marché de la rencontre sous l’effet du numérique.


Mais il y a aussi à mon sens d’autres explications.


D’évidence : les hommes draguent moins. Moins d’engagement conjugal et moins d’initiatives.


Les enquêtes récentes démontrent aussi une baisse de l’investissement masculin dans la relation et la séduction.


Mais pour quelles obscures raisons ?



La désacralisation du couple et du mariage en premier ressort : de nos jours seuls 31,5 % des hommes déclarent vouloir se marier, contre 53,6 % des femmes (HCP, 2025). Les hommes percevraient davantage le couple comme un risque économique et un engagement trop lourd et contraignant.


Les contraintes et la charge mentale imposée par le couple et une femme qui souvent varie sans jamais pouvoir l’anticiper, prévenir ou même tenter d’expliquer, sont devenus un poids. Cette imprévisibilité génère de l’inquiétude, du stress, de l’angoisse et de l’inconfort. Certaines femmes peuvent aussi avoir des élans matriarcaux castrateurs qui peuvent être aussi difficiles à vivre et à supporter. Comme une mère abusive qui veut tout contrôler et faire peser une charge mentale sur le couple et le compagnon.


La contrainte et malédiction du pourvoyeur. Devoir en permanence renoncer à son propre bien-être et développement personnel pour dédier sa propre existence à autrui. Sa vie, son œuvre. Vivre dans l’ombre et renoncer à soi pour autrui. Avec la montée des individualismes, beaucoup ne se sentent pas l’âme d’un pourvoyeur.


La compétition masculine qui invisibilise une très large partie des hommes. La demande féminine se concentrant sur les 10 ou 15 % des mâles aptes à répondre et coller à la « checklist » et profils exigés des femmes. Je voudrais bien, mais je ne peux point. C’est hors de ma portée et quels que soient mes efforts je n’y arriverai pas et donc en toute logique et en bonne intelligence, je me dois de renoncer.



La peur de se prendre un Metoo ou une accusation diffamatoire de viol ou d’agressions sexuelles. Il est difficile dans un système inquisitoire de démontrer son innocence et bien avant de pouvoir prouver que les accusations sont sans fondements, on subira les affres d’une accusation. Garde à vue, mise en examen, et mort sociale. Sans forcément devoir être condamné. Quand l’on attribue autant de pouvoir à une catégorie ou un genre, on ne peut exclure l’Hubris et l’usage de son propre pouvoir pour des raisons fallacieuses ou narcissiques. "Je lui ai raconté un bobard pour accéder à sa couche", elle prend connaissance de l’escroquerie, car je ne suis pas ce pilote de ligne, trader ou avocat que j’ai inventé et elle décide de se venger...


La mercantilisation des rapports. Les sentiments sont exclus de l’équation qui se résume à un rapport strictement transactionnel. Une perte des valeurs qui a aussi des conséquences sur ce domaine précis. Qui se suicident par amour principalement ? Les hommes. Ils ont conservé cette part de romantisme ou d’aveuglement qui a tendance à disparaître pour le genre d’en face plus à l’aise dans un espace transactionnel avant d’éventuellement pouvoir laisser libre cours à ses sentiments.


Les travers du porno qui imprègnent les consciences au plus profond et à leur insu, les hommes. Ces derniers étant incapables d’un retour au réel. Jusqu’à s’imaginer que les films porno sont un reflet de la réalité du monde et des femmes, pour in fine se rendre compte que la réalité n’a rien à voir avec les schémas du porno. S’ensuit incompréhension, puis frustration et comme l’être humain conservera toujours cette propension à externaliser ses responsabilités, c’est forcément la faute des femmes. « Je suis tombé sur une coincée », « Elle est fr*gide... », etc. Ce n’est pas de ma faute, c’est de leur faute.


La dévalorisation et la perte de confiance en soi. Quand on découvre que l’on n’émarge pas à la caste des alphas et que la Ferrari que l’on convoitait se dérobera à jamais et que l’on doive se contenter d’un Renault Captur ou d’une Dacia, on perd confiance en soi. On ne souhaite plus s’humilier plus avant.


La misandrie qui désormais devient norme. A force d’être décrié et rabaissé, on perd l’envie et le désir d’exister. Qui a envie de se faire en permanence rappeler les torts commis par ses pairs ou ses ancêtres ? Décourageant.



L’accumulation des râteaux finit aussi par décourager les plus tenaces et persistants d’entre nous. Le pire ? C’est qu’on n'en connaît jamais la raison. Si au moins on pouvait connaître la ou les raisons du refus, ça nous donnerait un axe de travail sur nous-même et nous offrirait l’opportunité de nous améliorer… Mais non, rien n’est fait pour nous permettre de nous transcender. Rester à ta place tu dois.


Les « dating apps » concentrent nombre de ces dynamiques avec une hyper‑compétition masculine, un taux de réponse très faible pour au final aboutir à un sentiment d’échec répété. Les sociologues parlent de "gamification du désir” et de ghosting massif.


Au final, une part non négligeable des hommes se sentent fragilisés et trouvent dans la « manosphère » des récits et justifications à même de nourrir leur retrait.


Ils se fourvoient.


Les femmes, quant à elles, déclarent ne plus se faire draguer.


Une large part des hommes ont démissionné et les « dating apps » perdent régulièrement des clients. Le mouvement d’apparaître inéluctable. Moins d’effectifs, moins de sollicitations. Dans une enquête de 2024 l’Ifop avance que 43 % des femmes déclarent un manque fréquent d’envie.


Elles aussi n’en ont tout simplement plus envie. Seules 38 % des femmes de 15–24 ans jugent la sexualité importante (contre 62 % en 1990) et 52 % des jeunes femmes pourraient vivre en couple sans sexualité. Et donc avec un intérêt pour le sexe réduit, l’on devient moins disponible, on se fait moins draguée et on augmente la perception d’un retrait masculin.



Qu’à partir de 30 ans elles sont invisibilisées, les hommes filtrant par classe d’âge et que passé la trentaine, elles disparaissent des critères masculins. Comme une inéluctable obsolescence programmée, que je trouve personnellement sotte. Bien au contraire, une trentenaire ou trentecinquaire est bien plus épanouie dans sa féminité.


Qu’élever un ou des enfants et devoir endosser le statut de mère célibataire reste un frein puissant au désir masculin.


Que le « bodycount » semble être aussi devenu un critère de sélection, quand bien même il soit aussi idiot qu’illégitime.


S’y ajoute un désintérêt de la Gen Z pour la bagatelle. Le marché de la rencontre s’est durci : les jeunes ont moins de relations.


Les données INED (ENVIE, 2024) montrent que les jeunes ont encore des relations, mais moins variées et moins fréquentes qu’avant. 66 % des 18–29 ans ont été en couple dans l’année.


Les sociologues observent une déportation de la drague vers le numérique, avec une baisse des interactions spontanées dans la vie réelle. Sur les apps : les hommes sollicitent beaucoup… mais draguent moins hors‑ligne.


Les apps ont « transformé le rapport au désir » et déplacé la séduction vers des environnements filtrés, gamifiés, moins risqués socialement. Mécaniquement ce glissement réduit la drague traditionnelle.


Est‑ce un mouvement profond ou conjoncturel ? Les données convergent : c’est un mouvement profond. Durable, car lié à des facteurs structurels. Numérisation des rencontres, inéluctable montée de l’individualisme, désacralisation du couple et du mariage, saturation des apps, fatigue sociale et sexuelle et contraintes économiques masculines.


Ces tendances sont observées depuis 10 à 15 ans, et s’accentuent.


Le néo-féminisme d’y ajouter sa touche finale, les hommes ne parvenant plus à trouver de place ou de rôle à assumer. La plupart acceptent volontiers les changements mais on ne leur fournit aucune feuille de route et but précis. Ils ont l’impression d’être devenus des faire-valoir et parfois l’exutoire de rancœurs passées pour lesquelles ils n’ont responsabilité aucune.


Le jouet est cassé et personne ne veut faire l’effort de le réparer ou d’en proposer un autre.


Sources :

INED (ENVIE 2024)

IFOP (2023–2024)

Pew Research (2023)

Les travaux de Kaufmann, Bergström, Illouz, Bauman, Roseneil

Les analyses de big data (OkCupid, Tinder)


 
 
 

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