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A quoi peut bien servir un père ?

  • 25 juil.
  • 4 min de lecture

Dernière mise à jour : 26 juil.

Les enfants ont-ils réellement besoin d’une figure paternelle ?


Fatiguée des commentaires sur la manière d’élever ses enfants, cette mère célibataire, journaliste au quotidien britannique “The Independent”, s’interroge sur la nécessaire présence d’un homme dans la cellule familiale et sur la question d’inventer de nouveaux modèles masculins positifs.


Ce texte est disponible sur le site de Courier International et est la traduction d’un article de "The Indenpendent". Le texte intégral est disponible ci-dessous :


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A mon humble opinion, céans, le concept non défini, clair et expliqué de masculinité toxique auquel s’ajoutent les nécessaires dénonciations et leur corollaire de misandrie, ont remis en perspective l’idée même de la paternalité et de sa nécessité.


Il faut aussi se méfier des biais de confirmation et des pièges de l’essentialisation. Les néo-féministes ne se privent pas de le faire.


Une écrasante féminisation de la magistrature française a précipité le débat par ses décisions parfois surprenantes. 70 à 72 % des effectifs de la magistrature sont constitués de femmes uniquement. Ministère de la Justice – Annuaire statistique 2024 ENM (École nationale de la magistrature) – promotions 2020–2024 https://admisconcours.fr/fiches/la-feminisation-de-la-magistrature-judiciaire-en-france


A mon humble opinion, l’idée de l’inutilité d’un père a réellement pris consistance en 1987 avec la chanson « Elle a fait un bébé toute seule ». Cette œuvre a popularisé et banalisé le superflu d’un père dans la structure familiale et l’éducation des enfants. Même si le concept était déjà prégnant. Diffus.



On peut y interpréter une mythification et glorification des valeurs et courage féminins qui par effet de balancier ont dévalorisé l’apport des pères.


En se plongeant dans les travaux de Frans de Waal, on trouve, à qui veut s’en donner la peine, des enseignements a contrario des tendances et effets de mode.


Il a longtemps étudié des populations de primates et avait noté que dans des groupes de chimpanzés les femelles forçaient les enfants à aller jouer avec les grands mâles dominants. Il a noté à cet effet que cela développait l’altérité. Les grands mâles prenaient conscience de leur avantage physique et force et apprenaient à la maîtriser en jouant avec les plus jeunes. C’est quand on prend conscience de sa force et qu’on développe l’altérité que l’on apprend responsabilité et maîtrise.


Camus : « un homme ça s’empêche »


Les jeunes apprenaient dès lors, qu’il y avait plus forts qu’eux. Pour acquérir le sens des hiérarchies. Il apprenaient aussi que la force se doit d’être maîtrisée.


En conclusion :

  • les mâles adultes stabilisent les groupes de primates.

  • les jeunes apprennent la maîtrise de soi via les interactions hiérarchiques

  • les femelles jouent un rôle dans la structuration sociale.

  • la présence de mâles expérimentés réduit l’agressivité des jeunes mâles.




Dans un parc d’Afrique australe, Pilanesberg (Afrique du Sud), Joyce Poole nota que les matriarches avaient tendance à chasser les jeunes mâles éléphants du groupe parvenus à l’âge de la reproduction. Soumis à une explosion d’hormones, ils en deviennent agressifs et font peser une menace sur le groupe et sa cohésion. Bannis ils avaient tendance à se regrouper et devenir un danger pour leur environnement en saccageant tout sur leur passage et tuant par plaisir.


La solution trouvée par les gérants du parc fut d’introduire des grands mâles solitaires dans le parc. Une hiérarchie de s’installer, les jeunes de s’assagir et d’entrer en mimétisme de leurs aînés.


J’y vois une métaphore de notre société moderne française. La dévalorisation du rôle (ingrat) du père n’est qu’un plaisir fugace en réponse aux velléités castratrices des néo-féministes. Une société qui affaiblit ses figures paternelles affaiblit aussi les mécanismes de transmission de la maîtrise et de la responsabilité.


Et cela finit par peser sur sa cohésion.


Les travaux criminologiques américains, britanniques, canadiens et nord‑européens montrent une corrélation massive entre délinquance masculine et absence du père. Les chiffres les plus robustes (méta‑analyses, cohortes longitudinales) montrent que les garçons ayant grandi sans père sont :

  • 2 à 3 fois plus susceptibles d’être impliqués dans des délits violents.

  • 5 à 10 fois plus susceptibles d’être incarcérés avant 30 ans.

  • Mais aussi plus exposés aux conduites antisociales, addictions, décrochage scolaire, affiliations délinquantes.


Ces résultats sont répliqués dans toutes les grandes cohortes criminologiques (Cambridge Study, Dunedin Study, Pittsburgh Youth Study, National Longitudinal Survey of Youth, etc.).


Ils sont considérés comme l’un des facteurs de risque les mieux établis en criminologie.


La France ne publie pas ces données statistiques et on se prive encore une fois de la Vérité au profit de postures moralistes.


Les raisons avancées :

  • Risque de stigmatisation sociale. La structure familiale est considérée comme un facteur sensible.

  • Protection de la vie privée. Les données judiciaires ne peuvent pas inclure des informations familiales non nécessaires à la procédure.

  • Orientation politique. Depuis les années 2000, les institutions françaises évitent les analyses qui pourraient être interprétées comme une critique des familles monoparentales.



Même si les statistiques pénales ne le mesurent pas, les études sociologiques françaises sur les jeunes délinquants montrent une sur‑représentation massive des garçons ayant grandi sans père.


Et des trajectoires marquées par absence de figure paternelle structurante, des conflits familiaux persistants, des violences intrafamiliales, placements ASE et des ruptures scolaires. Les travaux de Séverine Latté, Laurent Mucchielli, Marwan Mohammed, Olivier Galland, INJEP, ONPE convergent sur ce point.


On peut aussi tenir compte de l’avis des enfants eux-mêmes. Ma nièce a demandé à la justice, quand elle était encore mineure de quitter sa mère, pour pouvoir vivre avec son père.


 
 
 

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