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Revue par Mc Tavish

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Bon, il y a des choses à écrire. Beaucoup même. Sauf erreur de ma part, à part le retour de Chlotilde, il n’y a rien d’autres, donc, je vais essayer d’en proposer critique et fiche de lecture un peu plus dense.

Pour les liens (Râmazon et tout le reste): https://www.deucewriter.com/
Les autres liens sont disponibles au-dessus;

J’ai reçu la version papier (broché comme disent les littérateurs), rapidement après commande. Le bestiau fait 490 pages et c’est écrit petit. Y a du boulot derrière. Je ne l’ai pas pesé, mais il fait son poids. Le texte de quatrième de couverture est pas mal troussé. Style plaisant et ça donne envie de feuilleter.

Avant de faire la critique, son site perso est pas trop mal fait sur la version desktop. Site animé et très visuel, sur lequel il propose pas mal de contenus. Bon point pour son blog : peu d’articles mais 2 ou 3 intéressants avec du vrai contenu. Tu sens que le mec a bossé. Le post sur les 10 ans de la pénalisation du client m’a appris plein de choses que je ne savais pas.

Pour les réseaux sociaux, rien de croustillant en réalité. Il ne se montre pas et ne se dévoile pas. Je ne sais pas si c’est vraiment « payant » comme stratégie et je ne suis pas sûr qu’il ait bien compris l’intérêt des réseaux sociaux.

Je lui ai envoyé un PM sur le forum pour l’inviter à participer, mais il a poliment décliné.

Je vais faire une approche points positifs/points négatifs, ça me paraît plus pertinent

Points négatifs :
_ C’est par moments long et indigeste. Faut parfois s’accrocher pour suivre. Beaucoup risquent de décrocher rapidement.
_ Le style, c’est pour moi à la fois un point fort et un point faible. Point faible, car il ne s’est pas facilité la tâche. Il a choisi un registre soutenu et fait le choix éditorial de déployer une vraie richesse de vocabulaire. Ça ne se lit pas facilement et c’est loin de la « littérature » facile et usuelle dont on nous abreuve de plus en plus. En gros, ce n’est pas un roman de gare.
_ Il reste beaucoup de fotedortograffes, mais ça il s’en explique sur son site.
_ Je ne sais plus où je l’ai lu (peut-être dans son « avant-propos »), mais il a fait le choix de ne pas choisir entre un essai et un roman autobiographique. Il y a donc des parties « pédagogiques » et de raisonnement qui coupent régulièrement le récit autobiographique. Dommage !
_ Beaucoup, mais beaucoup d’informations, de recherches et de citations. On sent qu’à ce sujet, il y a beaucoup de travail, mais ça risque d’en fatiguer beaucoup là aussi. En particulier, ceux qui ne sont pas curieux et n’ont pas envie d’apprendre ou qu’on leur apprenne quelque chose.

Points positifs :
_ Le style. Même si des fois il se perd dans des formules alambiquées, c’est un style recherché et riche. D’accord avec Chlotilde à ce sujet. Je lis peu de livres avec un style aussi élégant. Mais, au risque de me répéter, ça ne plaira pas à tout le monde. Les moments que j’ai préféré, restent les portraits qu’ils brossent de ses interlocuteurs. C’est cinglant, grinçant et très caustique. Pour ça, il a vraiment un don. J’en ai relu deux ou trois passages, tellement ça m’avait fait marré.
_ La richesse des informations. Je pensais connaître un peu l’escorting, mais avec son bouquin j’en ai appris beaucoup plus. J’ai compris aussi deux ou trois choses qui m’avaient échappé. On comprend mieux la mécanique des sex-tours, organisation, préparation, déroulé.
On apprend aussi sur le fonctionnement de l’arrière-cour. On se doutait bien qu’il y avait des intrigues et là on en apprend un peu plus.
_ Beaucoup d’arguments pour développer une plaidoirie sur la libéralisation/réglementation de la prostitution, en particulier le dernier chapitre qui est un essai à lui tout seul. Beaucoup de références.
_ J’ai beaucoup appris aussi sur les « camarades » punters. Il nous parle de Djemdjem, d’un certain Thirouge et un autre Lnezzi. Pour ce dernier, son petit secret d’être révélé et c’est fendard ! Ou humiliant, c’est selon. Çà risque de ne pas plaire du tout, mais c’est croustillant ! A mon humble avis, il en a gardé sous la pédale et n’a pas lâché les chevaux à ce sujet. Dommage, un peu de ragots, c’est toujours divertissant.
_ La partie autobiographie et essai auraient dû être séparées et faire l’objet de deux livres différents, car au final les deux sont aussi intéressantes que pertinentes et auraient mérité leur propre bouquin.
_ La scène de sexe que Chlotilde n’a pas aimé, m’a beaucoup plus. Je l’ai trouvé bien écrite et plus sensuelle que sexuelle. Une femme aurait pu écrire la même chose et dans le même style.
_ L’aspect psychologique est bien travaillé sans être larmoyant. Le genre de détail que j’apprécie aussi.

En conclusion, l’ouvrage, selon moi mérite l’effort d’être lu. Comme il l’indique dans sa communication/publicité, ce témoignage d’un cyberproxo est singulier et original. Ce qu’il rapporte, sauf erreur de ma part, est vraiment unique. J’y ai appris pas mal de chose, j’ai quand même pris du plaisir à le lire aussi. Alors, ça ne modifiera pas la littérature et ce livre aura aussi, de toute évidence, sa date de péremption, mais il fait partie et pour le moment des 5 ou 6 meilleurs livres que j’ai lu sur ces 2 ou 3 derniers trimestres. Ça ferait une bonne trame de film ou de série Netflix.

Avis TRÈS subjectif.

Curieux d’en lire d’autres retours

Revue par Philm

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J’avais décidé d’éteindre définitivement mon clavier sur ce forum.
Mais la lecture d’un livre m’a fait revenir, exceptionnellement, sur cette décision…

Les caisses de résonance sont rares pour les ouvrages consacrés à la prostitution, surtout lorsqu’il s’agit d’autoédition.
Alors quand, en plus, le livre est écrit par un client — ou plutôt un ancien cyber-proxénète — cela devient un EVENEMENT.

Mon ouvrage de référence sur le sujet, quasiment mon livre de chevet, était jusqu’ici celui de Nik, fondateur d’UKPunting (L’Escortfr britannique) :
Not A Neanderthal – But Never A Fluffy: The Definitive Edition – Thirty Five Years of Paying for Sex
Son récit de plus de trente années de "punting" en Angleterre reste, à mes yeux, ce qui a été écrit de plus juste et de plus passionnant sur l’industrie du sexe rémunéré.
Il est ici : https://www.amazon.fr/gp/product/B08HD3 ... bl_vppi_i3

Eh bien, depuis une semaine, j’ai désormais une deuxième référence et elle vient d’être écrite par un Français.

Après les excellentes interventions de @Chlotiderastignac et @McTavish, j’avais envie d’apporter,

moi aussi, mon ressenti sur cet ouvrage

Pourquoi suis-je, moi aussi, aussi enthousiaste ?
Parce que le livre de Deuce, premier témoignage écrit par un cyber-proxénète, se distingue autant par son originalité que par sa profondeur.
Dès les premières pages, nous sommes plongés dans cet univers parallèle et largement méconnu qu’est celui de la "punterie".
La volonté de l’auteur de documenter ce monde apparaît immédiatement, à travers un mélange d’analyse personnelle, de vécu et de réflexion sociologique.
Le livre aborde les rapports hommes-femmes, les liens ambigus qui se créent entre certaines filles et leurs clients devenus de très proches connaissances, mais aussi l’évolution des mœurs, d’Internet, des agences, des forums spécialisés, sans oublier le système judiciaire et pénitentiaire français.

Nous naviguons constamment entre autobiographie et essai.

Le récit alterne expériences personnelles, introspection, analyses documentées, références, citations et détails extrêmement précis sur le milieu.
Et c’est sans doute là sa plus grande force : au-delà du témoignage, l’auteur livre une véritable plongée intérieure.
Son introspection nous entraîne au plus profond de son vécu intime, avec une sincérité parfois dérangeante, souvent captivante.

Il ne cherche ni pardon ni approbation. Il veut simplement exposer une vérité issue de son expérience, en laissant au lecteur la liberté de juger.

En revanche, ne vous attendez pas à un roman de gare au style direct et conversationnel.
Nous sommes ici dans une écriture très littéraire, très travaillée, parfois soutenue, riche d’un vocabulaire dense et précis.
Pour ma part, ce style accentue encore la gravité, la solennité et la sincérité du propos.
Et même si le mot "céans", estampillé sur ce forum par feu @drocher, me fait sourire à chaque lecture tant il me ramène à nos échanges : parfois contradictoires, souvent complémentaires, mais toujours stimulants pour faire évoluer les analyses que je partageais sur certains fils.

C’est un livre qu’il faut savourer lentement. Il demande un effort de lecture, certes, mais il se révèle d’une richesse rare par son témoignage unique, caustique, érudit et parfois même pédagogique sur le monde de l’escorting.

Pour moi, il devient désormais LA REFERENCE incontournable sur le sujet en France.
Et je rejoins totalement @McTavish : cet ouvrage pourrait sans difficulté inspirer un film ou une série.

Enfin, merci d’avoir remis en lumière Margaret Mac Donald, l’une des véritables visionnaires du développement d’Internet appliqué à la prostitution, au même titre que Nik ou que le créateur de ce forum.
Je me souviendrai toute ma vie de cette discussion que nous avions eue dans le bar d’un grand hôtel londonien, durant une bonne partie de la nuit.
Pour ceux qui souhaitent en savoir davantage :
https://www.deucewriter.com/post/margar ... 3%A8te-2-0

Merci également d’avoir enfin mis des descriptions physiques sur ces laudateurs du début des années 2000 que je lisais alors avec délectation, jubilation et parfois même avec effroi.

Et merci, surtout, d’avoir partagé cette histoire d’addiction d’un client d’escort, trajectoire qui ressemble probablement à celle de nombreux contributeurs de ce forum, même si, heureusement pour eux, tous ne terminent pas en prison.

Alors pour lire ce livre c’est très simple, c’est ici : https://www.deucewriter.com/vente
Et je vous conseille aussi son blog avec des articles très intéressants : https://www.deucewriter.com/blog

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